Précarité
Le trafic et la consommation de cannabis sont souvent des vases communicants et sont tous deux en augmentation chez les personnes précarisées.
Pour ce qui est de la stricte consommation chez les jeunes, une étude finlandaise a révélé un accroissement de cette corrélation entre 2000 et 2015 au travers de plusieurs facteurs, du fait de vivre avec ses deux parents ou non au niveau d’éducation de ces derniers. Parmi les adolesecent·es de 14 à 16 ans sondé·es, les moins favorisé·es étaient davantage sujet·tes à la consommation, bien qu’on ne constate pas de croissance conséquente de la consommation régulière au niveau global.
La plupart des dealers sont en situation de précarité ou d’insécurité lors de leur entrée dans le trafic et décident de tirer profit d’une production initialement personnelle. Toutefois, des facteurs subsidiaires à la précarité pèsentaussi dans la balance, tels que l’état civil des parents, le quartier de résidence ou encore la stabilité du logement Dans un article, la spécialiste française du deal chez les mineurs Karima Esseki relève de son expérience « des cultures de survie », « un signe de rébellion contre [l’]exclusion » ainsi qu’un manque de reconnaissance et d’accès à la culture.
A priori, une légalisation permettrait le transfert d’affectations illégales vers des emplois régulés, mais l’envergure de ce transfert dépend beaucoup du régime instauré. Les frais investis dans la répression pourraient être redirigés vers la santé et la prévention. Pour une réelle sortie de la précarité, encore faut-il que des mesures de réinsertion soient instaurées pour les personnes condamnées, telles que des programmes d’emploi et des annulations de casiers judiciaires. Or, aujourd’hui, la réinsertion des dealers est généralement occultée. Si aucun politique ne les prend en charge, on peut imaginer que ces tranficant·es restent dans le marché noir ou se reportent sur d’autres marchés illégaux.