La WADA part du principe que le cannabis représente un risque potentiel ou réel pour la santé. Ses effets négatifs sur la cognition peuvent nuire aux compétences essentielles requises dans les sports à risques, notamment la prise de décision et la vigilance. Cela peut mener à des accidents ou des blessures et à de mauvaises performances.1 Bien que l’on admette une dépréciation des capacités pendant environ 8h, il existe des cas faisant rapport d’effets indésirables pendant 24h.
Ce que dit la réglementation
« Est considéré comme dopage l’utilisation de substances et de tous moyens destinés à augmenter artificiellement le rendement en vue ou à l’occasion de la compétition, ce qui peut porter préjudice à l’éthique sportive et à l’intégrité physique et psychique de l’athlète ».
Le cannabis figure sur la liste des produits interdits du Comité International Olympique depuis 1998. L’Agence Mondiale Anti-Dopage (WADA) l’a intégré a sa liste en 2004. L’interdiction ne s’applique qu’en compétition : les contrôles ne peuvent avoir lieu qu’à ce moment-là.
Pour qu’une substance soit classée comme dopante, la WADA exige qu’elle remplisse au moins deux des trois critères suivants :
- Potentiel à améliorer les performances sportives
- Risque potentiel ou réel pour la santé
- Violation de l’esprit du sport
Le cannabis a été jugé conforme à ces critères. Malgré cela, cette drogue est fréquemment consommée par les athlètes. La WADA constate que les cannabinoïdes font partie des substances les plus souvent retrouvées lors des contrôles.1
2. Des risques pour la santé des sportifs et sportives ?
Le dopage : une définition arbitraire ?
La notion de « dopant », à l’instar de celle de « drogue », reste un terme compliqué à définir d’un commun accord. Par exemple, le sucre améliore les performances sportives et a des risques pour la santé. Il n’est pourtant pas considéré comme un dopant alors qu’il remplit tout à fait les critères de la WADA. L’usage de cannabis à but récréatif ou médical peut empêcher des athlètes de participer aux compétitions, ce qui peut être vu comme une pratique discriminante.
De plus, les effets dopants du cannabis sont remis en question par différentes études expliquant que l’évidence concernant des effets avantageux du THC en compétition reste très faible.2 3
Les réglementations strictes en matière de contrôles anti-dopage peuvent parfois engendrer des effets inattendus et contre-productifs. Plusieurs expert·e·s établissent un parallèle entre cette politique de tolérance zéro et celle menée dans le cadre de la guerre contre la drogue.
- Huestis, M. A., Mazzoni, I., & Rabin, O. (2011). Cannabis in sport : Anti-doping perspective. Sports Medicine (Auckland, N.Z.), 41(11), 949‑966.[↑][↑]
- Aguiar, A. S. (2023). Cannabis Is Not Doping. Cannabis and Cannabinoid Research, 8(6), 949‑954.[↑]
- Burr, J. F., Cheung, C. P., Kasper, A. M., Gillham, S. H., & Close, G. L. (2021). Cannabis and Athletic Performance. Sports Medicine (Auckland, N.z.), 51(Suppl 1), 75‑87.[↑]
