La consommation du cannabis par voie orale fait partie des alternatives à l’inhalation. La forme la plus communément évoquée est le space cake, mais on en trouve également d’autres pâtisseries ou confiseries et des boissons. Ces méthodes d’ingestion limitent certains risques encourus via l’inhalation, notamment pour les voies respiratoires, mais en contrepartie, les effets sont plus lents à apparaître, plus intenses et plus longs. Ces caractéristiques exigent une attention particulière au dosage.
Modes de consommationIngérer du cannabis évite la fumée, mais demande aussi de la prudence
Les risques spécifiques
Consommer du cannabis en l’avalant présente des inconvénients importants à connaître.
Le premier est le dosage : il est impossible d’estimer visuellement la quantité de THC contenue dans un aliment. À cela s’ajoute le délai avant que les effets se manifestent, qui peut s’étendre à plusieurs heures. Ce décalage entraîne fréquemment des surdoses accidentelles : une personne qui ne ressent rien peut être tentée de reprendre une ou plusieurs portions, sans savoir qu’elle a déjà absorbé une dose importante.
Les effets durent par ailleurs bien plus longtemps qu’en fumant ou en vaporisant, environ 6 à 8 heures, ce qui peut être problématique selon les activités prévues. Leur nature change également : la plupart des consommateur·ices les décrivent comme plus intenses, voire « psychédéliques », ce qui peut provoquer des angoisses ou des bad trips.
La réduction des risques : les avantages des formes comestibles
Consommer du cannabis comporte des risques, quelle que soit la méthode utilisée. Le meilleur moyen de les réduire reste de ne pas consommer. Si l’on choisit toutefois la voie orale dans une démarche de réduction des risques, une grande prudence s’impose : il est essentiel de doser avec précision et de tenir compte de son état d’esprit et de l’environnement avant de consommer.
Malgré certains risques, la consommation par voie orale présente des atouts réels dans une approche de réduction des risques. L’avantage principal est l’absence de combustion. Fumer du cannabis implique des risques pour les voies respiratoires, des problèmes cardiovasculaires et souvent une consommation de tabac en parallèle. Avaler du cannabis permet d’éviter tout cela.
La durée prolongée des effets, bien qu’elle requière de la prudence, peut être utile pour les personnes souffrant de douleurs chroniques, car elle évite de devoir consommer trop fréquemment. C’est aussi un mode de consommation plus économique : les doses nécessaires sont deux à trois fois plus faibles que par inhalation.
Enfin, passer à la voie orale peut être l’occasion de repenser sa relation au cannabis. Le fait d’attendre les effets encourage une approche plus réfléchie et peut aider à espacer les consommations, en les réservant à des moments choisis, dans un cadre adapté et apaisant.
Des bonnes pratiques à respecter
Dans la plante, le THC est présent sous une forme inactive, le THC‑A,1 qui n’a pas d’effet psychoactif. Pour le transformer en THC actif assimilable par l’organisme, il faut le chauffer — c’est ce qu’on appelle la décarboxylation. Le principe est le même pour le CBD. Une cuisson trop courte ou trop longue modifie la composition et donc les effets obtenus. 2
Il est indispensable de connaître la concentration de cannabis dans ce que l’on consomme. Peser et noter les quantités utilisées lors de la préparation permet de mieux estimer les doses.
En usage oral, la dose efficace est généralement bien plus faible qu’en inhalation. Après une première prise, il est crucial d’attendre au moins deux heures avant d’envisager une reprise. Les effets peuvent en effet mettre du temps à apparaître, parfois jusqu’à six heures dans de rares cas3, selon la personne, son métabolisme et ce qu’elle a mangé.
En cas de surdosage, les effets peuvent être très intenses, très désagréables et longs à se dissiper. Il n’existe pas d’antidote. Mieux vaut donc une première expérience trop légère que trop forte.
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- Chaiton, M., Kundu, A., Rueda, S., & Di Ciano, P. (2021). Are vaporizers a lower-risk alternative to smoking cannabis ? Canadian Journal of Public Health = Revue Canadienne de Santé Publique, 113(2), 293‑296.[↑]
- Harrell, M. B., Clendennen, S. L., Sumbe, A., Case, K. R., Mantey, D. S., & Swan, S. (2022). Cannabis Vaping Among Youth and Young Adults : A Scoping Review. Current Addiction Reports, 9(3), 217‑234.[↑]
- Salford City Council. (2023, mars 27). Fresh warning issued over danger of « THC » or « cannabis oil » vapes which contain toxic chemical, Salford City Council. Fresh warning issued over danger of « THC » or « cannabis oil » vapes which contain toxic chemical. [↑]
