Le cannabis peut aussi se consommer sans l’avaler ni le fumer

Le cannabis peut être con­som­mé de plusieurs façons : fumé, avalé, mais aus­si absorbé directe­ment par les muqueuses de la bouche. Cette voie d’ab­sorp­tion, sou­vent mécon­nue, recou­vre des formes var­iées : huiles, sprays, pastilles sub­lin­guales (à pos­er sous la langue), tein­tures (liq­uides à haute con­cen­tra­tion de cannabi­noïdes), ban­delettes, etc.

Comment ça fonctionne ?

Le principe est le même pour toutes ces formes : les cannabi­noïdes sont absorbés par les muqueuses de la bouche, sous la langue ou à l’in­térieur de la joue, passent dans les vais­seaux san­guins locaux, puis atteignent le cerveau. Les pre­miers effets appa­rais­sent générale­ment dans les 30 min­utes, sont les plus intens­es entre 1 et 4 heures, et peu­vent dur­er plusieurs heures.1 L’ab­sorp­tion peut toute­fois être lente et irrégulière : il arrive qu’on soit surpris·e par la force ou la durée des effets.

Précautions d’usage

Com­mencer doucement.

  • Si vous testez un nou­veau pro­duit, et surtout si vous n’avez jamais con­som­mé de cannabis, com­mencez par la plus petite dose pos­si­ble (une goutte d’huile ou une pul­véri­sa­tion, par exem­ple), puis atten­dez au moins deux heures avant d’é­val­uer les effets.2

Atten­tion aux inter­ac­tions médica­menteuses. Lorsque ces pro­duits sont util­isés en automédi­ca­tion, il faut garder à l’e­sprit qu’ils peu­vent inter­a­gir avec d’autres médica­ments, y com­pris les pro­duits à base de CBD. Il est impor­tant de s’en informer et, si pos­si­ble, d’en par­ler avec un·e professionnel·le de santé.

Des com­po­si­tions très variables.

  • Ces pro­duits peu­vent con­tenir des taux très dif­férents de THC et de CBD.3 Comme tout pro­duit cannabique, il peut être dif­fi­cile de con­naître la com­po­si­tion réelle de ce qu’on achète. Même pour un pro­duit con­trôlé, restez attentif·ve à sa teneur.

Con­servez vos pro­duits en lieu sûr, hors de portée des enfants et des ani­maux de compagnie.

  • Sous forme de pastilles notam­ment, ces pro­duits peu­vent être par­ti­c­ulière­ment attrayants pour les enfants.2
  • En cas de con­som­ma­tion acci­den­telle, appelez le 145 (numéro d’ur­gence pour les intox­i­ca­tions) ou con­sul­tez un·e médecin.

La situation en Suisse

En Suisse, de nom­breuses huiles de CBD étaient ven­dues comme « cos­mé­tiques » pour con­tourn­er les con­trôles ali­men­taires. Pour dis­suad­er les consommateur·trices de les ingér­er, la Con­fédéra­tion impose depuis 2022 l’a­jout d’un agent amer à ces huiles.4 Cette mesure est vive­ment cri­tiquée5 : plutôt que de créer un cadre légal clair per­me­t­tant d’au­toris­er et de con­trôler ces pro­duits, les autorités ont choisi de les mod­i­fi­er volon­taire­ment. En pra­tique, il n’est plus pos­si­ble d’a­cheter légale­ment en Suisse de l’huile de CBD des­tinée à être ingérée.

  1. Fournier, A., Bris­son, J., & Marc­hand, A. (2025). Les méth­odes de con­som­ma­tion du cannabis. Insti­tut nation­al de san­té publique du Québec.[]
  2. San­té Cana­da. (2026, jan­vi­er). Infor­ma­tions sur l’u­til­i­sa­tion du cannabis à des fins médi­cales. Gou­verne­ment du Cana­da. [][]
  3. Cana­di­an Cen­tre on Sub­stance Use and Addic­tion. (2019). 7 things you need to know about edi­ble cannabis.[]
  4. Office fédéral de la san­té publique. (2023). Cannabid­i­ol (CBD) dans les cos­mé­tiques.[]
  5. Ligue suisse con­tre le rhu­ma­tisme. (2022). Huile de CBD : restric­tions et issues.[]