Des risques réels
Consommer du cannabis présente malgré tout des risques connus, par exemple sur la capacité de mémorisation et de concentration.1 Les perturbations induites par une consommation chronique peuvent peser dans la balance et finalement constituer un handicap pour une personne déjà en difficulté. Banaliser l’usage de cannabis pourrait mener à une augmentation de ces risques ou du nombre de consommateurs et consommatrices.
Un indicateur de difficultés plus larges
Dans les faits, il est difficile d’évaluer précisément l’impact de la consommation de cannabis sur les performances scolaires. Cela tient notamment au fait qu’elle est souvent associée à d’autres difficultés, telles que la consommation d’autres substances (notamment l’alcool), des instabilités familiales, des précarités financières ou sociales. Ces facteurs cumulatifs pèsent lourdement sur les trajectoires éducatives et compliquent l’identification d’un lien de causalité direct. Dans ce contexte, la consommation de cannabis peut être interprétée non pas comme une cause première de l’échec scolaire, mais comme le symptôme d’un mal-être ou de fragilités sous-jacentes.
Un facteur à relativiser
Lorsqu’on prend en compte l’ensemble de ces variables, le cannabis ne semble pas être un meilleur prédicteur de l’échec scolaire que, par exemple, la consommation de tabac.2 Une revue étendue de la littérature souligne d’ailleurs que le lien direct entre usage de cannabis et niveau d’éducation reste incertain.3 Autrement dit, les recherches disponibles ne permettent pas de conclure que le cannabis soit une cause principale des difficultés scolaires, ce qui souligne la nécessité d’examiner d’autres facteurs plus déterminants. À l’inverse, des éléments comme la qualité des relations familiales, la structure du foyer ou le niveau de revenu apparaissent comme des indicateurs beaucoup plus solides du parcours scolaire.4
En conclusion
L’important, pour chaque consommateur et consommatrice (ou pour ses proches), c’est de savoir où se trouvent les limites : quand est-ce qu’une consommation épisodique ou récréative devient problématique ? À partir de quand est-elle synonyme d’un mal-être plus sérieux ? Il s’agit d’une question légitime qui requiert le dialogue.
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- Urits, I., Charipova, K., Gress, K., Li, N., Berger, A. A., Cornett, E. M., Kassem, H., Ngo, A. L., Kaye, A. D., & Viswanath, O. (2021). Adverse Effects of Recreational and Medical Cannabis. Psychopharmacology Bulletin, 51(1), 94‑109.[↑]
- Marijuana Use and High School Dropout : The Influence of Unobservables — PMC. (s. d.).[↑]
- National Academies of Sciences, E., Division, H. and M., Practice, B. on P. H. and P. H., & Agenda, C. on the H. E. of M. A. E. R. and R. (2017). Psychosocial. In The Health Effects of Cannabis and Cannabinoids : The Current State of Evidence and Recommendations for Research. National Academies Press (US).[↑]
- Rahman, S., Munam, A. M., Hossain, A., Hossain, A. S. M. D., & Bhuiya, R. A. (2023). Socio-economic factors affecting the academic performance of private university students in Bangladesh : A cross-sectional bivariate and multivariate analysis. Sn Social Sciences, 3(2), 26.[↑]
